Pourquoi le carême ?

Chaque année l’Église nous propose d’accompagner Jésus dans la préparation à sa mission : le salut des hommes réalisé à Pâques. C’est l’invitation même de Jésus à ses apôtres : Demeurez ici et veillez avec moi (Mt 26, 38). Pour nous préparer, il s’agit de rechercher dans ces quarante jours l’intimité avec Notre Seigneur. C’est ce qu’a fait Moïse en allant sur la montagne pour passer quarante jours et recevoir de Dieu les Tables de la Loi.

Alors que nous en avons souvent une image triste et contraignante, le carême est en fait une période de grande douceur, celle de l’union spirituelle à Dieu. C’est comme un anniversaire de mariage où l’on passe du temps l’un avec l’autre pour se redire que l’on s’aime. On appelle cela la CONVERSION. C’est le fait de « retourner » ma vie vers le Seigneur, alors qu’elle est accaparée par les soucis de la terre et que au quotidien je néglige sa présence à mes côtés. Je décide de renoncer à des choses qui constituent mon existence pour passer du temps avec Jésus qui m’attends.

C’est une prise de conscience renouvelée de ma vocation, le fait d’être appelé par Dieu qui me cherche constamment, comme il l’a fait pour Adam au jardin du Paradis. Jésus, le Fils éternel de Dieu, venu à ma rencontre, va offrir gratuitement sa vie pour moi et mes frères. Le carême doit m’aider à redécouvrir que la dynamique chrétienne est l’amour de l’autre : Dieu d’abord, « premier servi », comme disait Sainte Jeanne d’Arc, et mes frères ensuite car Celui qui dit j’aime Dieu et qui haït son frère est un menteur (1Jn 4, 20).

La nécessité de se confesser

Les Constitutions apostoliques, texte de la doctrine chrétienne du IVème siècle, affirme que « Les choses saintes sont pour ceux qui sont saints ». Cela signifie que si nous voulons recevoir les dons de Dieu à Pâques, c’est à dire la Vie éternelle, nous devons au moins rechercher la sainteté dans nos vies, même si c’est difficile. Ce n’est pas une lubie de vieux catholiques traditionnels, mais un enjeu de salut pour ma vie.

Nous le savons, nos vies chrétiennes sont un constant cheminement à travers chutes et relèvements. La sainteté n’est pas la perfection, elle ne consiste pas à tout bien faire. Nous ne sommes pas chrétiens parce que nous sommes parfaits, mais parce que nous savons que nous avons besoin d’être sauvés par Jésus. Ça, c’est le début de la sainteté. La conversion proposée par le Carême commence par là : Seigneur vient me sauver !

La confession est l’humble démarche du baptisé qui vient demander son salut. Ce qui intéresse Dieu n’est pas tant ce que je vais dire : il le sait déjà, il sait même ce dont je ne suis pas conscient ! Ce qui touche son cœur c’est la pauvreté de mon cœur : « Je t’aime tel que tu es, non pour ce que tu as fait ou que tu n’as pas fait, mais pour la beauté que Moi, ton Créateur, j’ai déposée en toi. »

Comme le disait le pape Benoît XVI :

N’ayez pas peur du Christ : il n’enlève rien,
et il donne tout.

VENEZ VOUS CONFESSER POUR RECEVOIR L’AMOUR DE DIEU QUI PARDONNE TOUT

Père Emmanuel de Valicourt

Curé de l’ensemble pastoral Herbault-Onzain